Evidemment non. En fin de semaine pourtant, l’Agence France Presse s’est sentie obligée de revenir dans un communiqué sur sa propre utilisation du mot « Terroriste » en rappelant qu’elle assumait ne jamais utiliser directement ce qualificatif du fait de son emploi « extrêmement politisé » à travers l’histoire, pas plus pour le Hamas que pour d’autres organisations, dans un communiqué que je joins ici. Pourtant l’AFP rappelle également que cela ne les a jamais empêché de décrire précisément l’horreur et la brutalité des faits.
« Horrifié», c’est précisément le terme employé le 7 Octobre par Jean-Luc Mélenchon dans sa réaction aux attaques du Hamas. Où il a également appelé à mettre fin à la spirale de la violence, au cessez-le-feu et à la paix dans un conflit qui dure depuis des décennies et qui ne peut aboutir pacifiquement que par une solution à deux États. Très vite, la France Insoumise a qualifié les faits de crimes de guerres et a porté l’appel au cessez-le-feu et à la paix au Moyen-Orient, reprenant à son compte la solution à deux Etats. C’est à dire la position traditionnelle de la France depuis 1967.
Rien de polémique en soit me direz-vous ? C’est sans compter sur la stratégie de l’extrême droite et de la droite macroniste d’utiliser tous les sujets d’actualités pour marginaliser La France Insoumise et sa stratégie politique, à travers la figure de Jean-Luc Mélenchon.
L’objectif partagé par la macronie et l’extrême droite est d’aboutir à une nouvelle latéralisation Gauche / Droite du champ politique ou le RN prendrait la place de la droite républicaine et où la macronie prendrait la place de la gauche démocrate à l’instar de la latéralisation existante aux États-Unis ou en Italie.
Dans cette division de l’espace politique « acceptable » , conforme à la vision de la bourgeoisie, il ne s’agit plus de remettre en cause le système de production et d’échange qui mène le monde à l’effondrement. Il s’agit d’exprimer son rapport isolationniste ou ouvert à la mondialisation néolibérale (sans remettre en cause le système économique dont elle est issue, naturellement).
Ainsi dans ce contexte, le conflit israélo-palestinien sert d’offensive visant à marginaliser JLM quitte à décrédibiliser une fois de plus la parole de la France à l’international.
Force est de constater qu’un certain nombre de dirigeants des autres partis de la NUPES ont choisi d’utiliser cette stratégie en joignant leurs feux à ceux de la droite et de l’extreme droite en espérant profiter dans les échéances à venir de cette vaine tentative de marginalisation.
Cela rend leur position assez largement inaudible sur le sujet et cache mal un virage à droite, à l’instar de la présidente du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale qui à peine le « moratoire » voté au PS n’a de cesse depuis de dresser des louanges à Emmanuel Macron.
Il est fort à parier que tout cela aboutira après les élections européennes à une nouvelle tentative de « rassemblement » anti-LFI débouchant sur une « primaire » afin de trouver un « candidat commun » entre la « Carpe » Cazeneuve et le « Lapin » Roussel, entre-autre. On verra bien ce qu’il restera de l’ « Avenir en Commun » si certains de chez nous, par opportunisme, décidaient de rejoindre ce type de radeau de la méduse d’un genre nouveau.
Je ne crois pas en la capacité de réussite de la stratégie de marginalisation de LFI. Et ceux qui y seraient tentés à gauche oublient que c’est justement grâce à la stratégie de « conflictualité » qu’un certain nombre de personnes des catégories populaires sortent de l’abstention. Abandonner le programme de rupture priverait cette « gôche tous sauf LFI-Mélenchon » du socle populaire, les faisant passer eux-même pour des marginaux dans l’affrontement RN/Macronie.
Quant à nous, nous continuerons à rassembler autour du programme de rupture de la NUPES arrivé en tête du premier tour des dernières élections législatives.
Dans cette démarche, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.




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