Je me félicite de la création du Collectif de défense et de développement de l’hôpital de Châteauroux-Le Blanc, à l’initiative des organisations syndicales du Centre hospitalier.

Je vous invite à signer la pétition contre le partenariat public/privé et pour la défense du Centre hospitalier Châteauroux-Le Blanc.

⬇️ Pétition à signer ici ⬇️

https://chng.it/WkLmdRdGTS

La création de ce collectif est décisive pour comprendre les enjeux liés au projet de partenariat public/privé entre la clinique Saint-François (groupe Elsan) et le Centre hospitalier.

Ce collectif incarne la défense concrète de notre modèle social français, fondé sur le travail et la cotisation, qui financent le service public de santé. Ce modèle protège la santé de toutes et tous des lois du marché.

Si la clinique Saint-François est en déficit, ce sont bien les lois du marché qui en sont la cause. Dans un département où la population diminue et vieillit, le nombre de patients potentiels diminue, tandis que les besoins de soins — notamment pour les personnes âgées — augmentent en durée et en coût. Autrement dit, ces soins deviennent moins rentables.

Résultat : la clinique Saint-François affiche un déficit de 5 millions d’euros.

Mais à l’échelle du groupe Elsan, qui réalise 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce déficit est une goutte d’eau. Pourtant, Elsan n’est pas un service public : une clinique déficitaire compromet les dividendes versés aux actionnaires du groupe, parmi lesquels figure notamment la famille Bettencourt.

Si le Centre hospitalier connaît lui aussi des difficultés, c’est parce que depuis plusieurs années, la logique de rentabilité a été intégrée à la gestion du service public de santé. En conditionnant les financements des structures de santé au nombre d’actes réalisés dans l’établissement, on applique les mêmes logiques… et on en récolte les mêmes effets.

Dans le domaine de la santé, la logique de rentabilité fait diverger les moyens disponibles des besoins réels de la population.

Parler d’« offre de soins » maquille cette réalité. Adosser une clinique privée à l’hôpital public ne changera rien au problème de fond. Pire encore : cela l’aggravera. Une clinique privée ne peut se permettre d’être déficitaire, donc les secteurs non rentables seront abandonnés. Leur poids financier devra être absorbé par l’hôpital, sans moyens supplémentaires pour y faire face, alors même que la situation démographique du département reste inchangée.

Ce partenariat agira donc comme un accélérateur de la casse du Centre hospitalier Châteauroux-Le Blanc et, au-delà, du service public de santé dans son ensemble.

En réalité, les seuls bénéficiaires de ce partenariat sont les actionnaires du groupe Elsan, certainement pas les habitants de notre département. L’objectif réel est de permettre la poursuite de la ponction financière du groupe Elsan sur l’offre de soins locale.

Dans ce contexte, les alternatives raisonnables sont au nombre de deux, soit Elsan accepte une péréquation financière à l’échelle de son groupe pour sauver la clinique Saint-François, soit Elsan assume la liquidation de sa clinique.

En tant que responsable politique, je ne peux pas détourner le regard devant ce qui s’apparenterait à un plan social. La question de la fermeture de la clinique pose directement celle de l’avenir des professionnels de santé et des salariés qui y travaillent. Et il est parfaitement légitime qu’ils soient inquiets.

Puisque les besoins en santé ne manquent pas, la logique première devrait être d’intégrer les salariés de la clinique au sein de l’hôpital, en leur donnant la possibilité d’accéder au statut de fonctionnaire dans le service public de santé.

Mais rappelons que si la liquidation de la clinique Saint-François devait survenir, le statut de salarié privé n’est plus un obstacle juridique à leur intégration individuelle dans le Centre hospitalier sous hiérarchie public et des précédents existent.

Ainsi, le statut futur des salariés du groupe Elsan constitue avant tout une diversion orchestrée par la direction du groupe, visant à opposer les salariés du public à ceux du privé. L’enjeu réel de ce partenariat est uniquement de permettre la poursuite de la ponction financière des actionnaires du groupe Elsan sur l’offre de soins dans notre département.

C’est pourquoi je fais partie des premiers signataires de cet appel.

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